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Devenir marathonien

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Une fois n'est pas coutume, nous allons parler de course à pied. Plus exactement je vais vous raconter mon évolution dans ce domaine, de mes débuts jusqu'à aujourd'hui.

Les personnes qui me connaissent savent que je cours depuis 5 ans, et que mes débuts ont été compliqués. Mais, à force de persévérance j'ai progressé et réussi à courir mon premier marathon récemment.

Les débuts

Il y a 5 ans, en avril 2011, lorsque ma fille est née, je me suis lancé le défi de me mettre à la course à pied. Un de mes frères courait déjà à l'époque et c'est avec le second que nous sommes lancés le défi de savoir courir 10km à 12km/h de moyenne.

Sur la papier cela semblait facile, j'avais joué au foot pendant des années, le frangin aussi. Alors on se lance plutôt optimistes, cela ne devrait pas être trop compliqué avec un peu d'entrainement (bien entendu).

Pour avoir un petit suivi du coeur je me suis acheté une montre cardio à bas prix. Je ne vais pas faire un cours sur les pulsations mais pour avoir une idée du nombre de battements max théorique il suffit de faire 220 - son âge, ce qui donnait pour moi à l'époque une valeur un peu au dessus de 190. A noter que ce max correspond à un effort relativement important sur la durée.

Vient alors la première séance "découverte". Et là, "c'est le drame". Je n'ai pas réussi à courir plus de 4km sans m'arrêter à une allure de ... 8km/h et des pulsations médiocres puisque les pulsations moyennes étaient aux alentours de 180.

On allonge les distances

Après cette première sortie, j'ai bien entendu compris que ce n'était pas gagné. J'ai donc multiplié les sorties en essayant de travailler l'endurance même si je courais au feeling, c'est à dire sans plan d'entrainement : 1 sortie ou 2 par semaine et entre 4 et 6km par sortie.

Au fil du temps les progrès se sont fait sentir malgré des hauts et des bas et il faut bien le dire un peu de découragements par moment. Mais c'étai aussi lié je pense au fait de courir au feeling, complètement désorganisé.

1 an plus tard et après de nombreuses séances j'ai atteint les 10km à un petit 9km/h de moyenne.

Le frangin, de son côté, les avait atteint plus rapidement que moi et je pense que je peux dire sans trop de difficultés.

Et si on s'inscrivait à une course ?

Après avoir réussi plusieurs fois à courir 10km, plus ou moins dans les mêmes temps, le premier objectif était de descendre en dessous de l'heure et atteindre donc les 10km/h de moyenne. L'objectif initial n'était pas oublié mais avait été mis de côté pour le moment.

Il nous est donc venu l'idée de nous inscrire à une course pas trop loin de chez nous pour pouvoir se comparer aux autres.

Notre choix s'est donc dirigé vers le Jogging des Aulnes, à Aulnoye-Aymeries, course qui s'est déroulée au mois de mai (2013). Concernant le profil de la course pas de grande difficulté mise à part la fin en montée.

Le résultat a été plutot satisfaisant puisque j'ai battu mon record personnel et fait les 10km en 1h03 soit une moyenne aux alentours de 9.5km/h mais des pulsations moyennes très élevées (186). Côté position j'ai fini dans les derniers mais c'était tout de même un résultat encourageant !

Continuer à progresser

Pour poursuivre l'année sur ces bases et enfin atteindre les 10km/h de moyenne, j'ai décidé d'organiser un peu plus mes entrainements et de m'équiper d'une montre GPS. Au programme : séance pour calculer la fréquence cardiaque maximale de manière plus précise, premières séances de fractionnés ou plutôt d'accélérations, sorties vélo et même quelques séances (pour s'amuser) de Duathlon (course à pied, vélo, course à pied).

En juillet, les 10km en 1h sont atteints et en août une sortie de 15km a été réalisée. Les progrès sont donc visibles, c'est encourageant.

Pourquoi pas un 20km ?

Puisque les sorties plus longues passent sans trop de difficultés, en diminuant la vitesse bien entendu, nous avons défini un nouvel objectif (un peu fou à l'époque pour nous) : faire les 20km de Maroilles. Côté profil, le parcours est assez "accidenté" avec notamment une côte de 700m à 4% au km 16.

Les entrainements se poursuivent, les distances s'allongent, les progrès arrivent même si ce n'est pas encore ça.

Le jour arrive et nous partons, avec les 2 frangins, à l'assaut de Maroilles. Personnellement j'ai bien souffert durant cette course mais j'ai réussi à la finir en 2h10 soit une moyenne de 9.3km/h. Les frères s'en sont bien mieux sortis que moi, bravo car le parcours n'était vraiment pas évident.

L'année 2013 aura été chargée en course puisque j'ai pu participer à différentes épreuves de 10km (Douai, de nouveau Aulnoye, Landrecies) mais aussi un autre 20km, celui du Touquet.

Si on résume cette année 2013 :

Cette blessure m'a obligé à stopper mes entrainements durant 6 semaines durant lesquelles les séances de kiné et des rendez vous chez le podologue pour me faire des semelles orthopédiques ont été réalisés. Une reprise calme mais durant laquelle j'ai pu m'apercevoir qu'un arrêt de la course à pied entraine une dégradation des performances.

2014, on poursuit les longues distances ?

Début 2014, le planning des courses est établi. Nous prévoyons principalement 2 courses : le semi marathon (21.1km) de Trith-Saint-Léger et les 10km de Douai.

Pour préparer ces courses du mois de mai, nous décidons de faire des courses que nous ne connaissons pas encore mais avec des petites difficultés : Sebourg (10km), Saint-Amand (12km) et Leforest (15km avec la montée d'un terril).

Côté entrainement, pas de préparation spécifique. Toujours des entrainements au feeling mais avec quelques séances de fractionnés pour travailler la puissance et quelques séances d'endurance pour travailler les fondamentaux.

De bons résulats dans l'ensemble, on commence à sentir les progrès. La vitesse de croisière sur un 10km varie entre 11km/h et 11.5km/h. La course de Leforest n'a pas été très simple, la montée du terril fut une épreuve :) mais une belle course tout de même et un bon chrono puisque une moyenne de 10.5km/h.

On arrive ensuite au mois de mai, là encore de bons résultas, on peut dire même meilleurs que prévus :

Ca y est ! Après 3 ans de pratique régulière, l'objectif initial est atteint.

Et maintenant ?

Après ces résultats positifs, l'envie d'aller encore plus loin me titille l'esprit. "Et pourquoi pas un marathon ?"

Mais, le marathon c'est quand même bien plus dur, c'est 2 fois plus long que ce que j'ai pu courir jusque là et déjà pour faire un semi on ne peut pas dire que ce soit facile...

Une recherche des marathons "pas trop loins" me donnent quelques résultats mais pas énormément. L'idée me travaille l'esprit, j'ai vraiment l'envie d'en faire un. On verra la suite car entre temps, un changement de travail m'obligent à ralentir et la perte de motivation à m'arrêter.

Après 7 mois sans entrainement, c'est parti pour la reprise, nous voilà en avril 2015. Que ce fut compliqué. J'ai l'impression d'avoir tout perdu. Je pars donc à la conquête de mon niveau antérieur et me lance le défi de le retrouver sous 4 ou 5 mois max. Là encore, pas de plan d'entraînement mais une course, celle de Douai qui me réussit bien pour se relancer et des séances d'entrainements en alternant endurance et fractionnés.

En juillet, j'ai quasi retrouvé mon niveau, je m'amuse même à faire un marathon en 4j (10, 10, 12.5, 10) et réallonge les distances avec des sorties aux alentours de 20km et une moyenne proche de 11km/h.

Pour terminer l'été je décide de faire le semi marathon du Touquet (course passée de 20 à 21.1km donc). Le résultat est plutôt décevant puisque la chaleur a eu raison de moi et un petit 10km/h de moyenne ressort de cette course qui décidément ne me réussit pas.

Je termine l'année avec des sorties régulières car j'ai tout de même décidé que je ferai mon marathon en 2016 et pour cela j'ai choisi de faire le marathon de ma région : La Route du Louvre.

En route pour l'aventure

Pour se lancer dans ce type d'aventure, il faut être un minimum organisé. Cela fait des années que je lis des articles sur la course à pied, que je me documente sur les entrainements, la nutrition en course etc.

Je décide donc de faire un plan d'entrainement pour préparer au mieux ma course. Jusque maintenant je parcourais environ 30 km par semaine mais pour un marathon il va falloir aller un peu plus loin.

Je ne vais pas m'étaler sur le détails de ce plan mais il doit débuter 13 semaines avant l'épreuve et est composé d'entrainements d'endurance fondamentale, de fractionnés, de séances au seuil et de sorties longues (jusque 28km). Je table sur 4h15 soit un petit 10km/h de moyenne.

Cette phase d'entrainement contient également le semi marathon de Paris, course que je n'avais jamais faite mais qui fut une belle expérience durant laquelle j'ai pu y réaliser un bon chrono (1h57 soit environ 10.8km/h de moyenne), meilleur que celui attendu et le tout en ayant l'impression d'en avoir encore sous le pied.

Aucune mauvaise surprise lors mes entrainements hormis la dernière sortie longue (28km) qui ne fut pas une grande réussite. Plus la date approche et plus je reste confiant sur mes capacités à faire le marathon. Je suis certain que mon coeur sera prêt. Seul un point "m'inquiète", les maux de jambes mais nous verrons bien le jour J.

Arrive enfin le jour de la course, ce qui va conclure ces 13 semaines durant lesquelles j'ai pu embêter mon entourage avec mon marathon. Mes supporters se répartissent tout le long de la course pour que je puisse avoir des objectifs intermédiaires. Je pars un peu stressé (n'importe quoi, c'est toi qui a décidé de faire cette course :).

Tout se déroule parfaitement, j'ai de bonnes sensations. Seul hic, une douleur à la cheville dès le kilomètre 6 qui a du mal à partir. Mentalement pas simple avec cette douleur mais le mental fait beaucoup en course à pied, je me dis que ce n'est pas possible d'abandonner et je continue donc mon chemin. Je retrouve mes supporters aux kms 21, 27 puis 32, tout va bien mais les jambes commencent à devenir très lourdes, la douleur à la cheville est partie mais il reste encore 10km...

Côté chrono j'étais dans les temps, même un peu en avance, les pulsations étaient bonnes. Mais... les 7 derniers kms fut très compliqués. Les jambes de plus en plus raides et les 4 derniers km en montée n'aident pas à se rassurer. Avec des alternances de course et de marche "rapide" j'arrive enfin à l'arrivée et limite la casse en 4h21. En plus ma fille m'a accompagné pour passer la ligne d'arrivée et ça, ça fait du bien car même si en arrivant j'étais vraiment plus en grande forme je pense que j'aurais pu continuer encore un peu, comme si elle m'avait donné des ailes.

Tout ça pourquoi ?

Lorsque l'on regarde mes débuts on n'aurait jamais su dire que j'aurais su faire un marathon. Avec de la persévérance et de l'entrainement j'ai réussi.

Pour moi, le marathon était et restera l'épreuve reine même si certaines épreuves plus compliquées existent (trails longs, 100km etc.). Je peux maintenant dire que je suis marathonien et ça j'en suis fier. Je ne sais pas si j'en referai un, j'attends de "digérer" cette épreuve.

Ce constat de persévérance et de volonté peut être appliqué à d'autres sports ou d'autres domaines. Ne pas lacher ses rêves, y croire c'est important !

Pour conclure, une petite dédicace à mon entourage qui a été obligé de parler marathon et vivre marathon pendant des semaines :)